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Gestes écologiques du quotidien : l’affaire de tous 

 

 

 

Sécheresse, incendies, perte de la biodiversité… l’actualité mais aussi les rapports, études scientifiques du monde entier montrent au quotidien que le changement climatique est en cours. Pour le limiter, la solution est connue : il faut réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) de 80% d’ici à 2050 pour contenir la hausse de la température moyenne à la surface de la terre par rapport à l’ère préindustrielle au-dessous de 2 degrés Celsius. Le défi est immense. Et c’est l’affaire de tous. 

 

Consciente de son impact et des méfaits de notre consommation sur la santé et l’environnement, Julie Bernier, bloggeuse et conférencière, s’est engagée dans un mode de vie plus sobre et responsable. « Mon tout premier geste a été celui d'utiliser des sachets en tissu pour acheter mes fruits, légumes, féculents, céréales, etc., en vrac. Rien qu’avec ça, c'était incroyable de voir à quel point je produisais moins de déchets », s’enthousiasme-t-elle. Petit à petit, elle adopte gourde, lingettes démaquillantes réutilisables, shampoings et savons solides. Elle change même ses comportements en végétalisant son alimentation notamment. « Rien de tout cela n'est compliqué, assure-t-elle. Et surtout, ils présentent tous un avantage économique à court ou moyen terme. L'écologie, c'est avant tout la sobriété. Consommer moins (de vêtements, d'objets neufs, de plastique...) mais mieux, c’est le premier geste à accomplir ». D’autres citoyens, convaincus comme la jeune femme qui partage ses expériences sur son blog Sortez tout vert, son compte Instagram éponyme et le livre « Zéro déchet, le manuel d’écologie quotidienne », se sont lancés dans ces écogestes. Mais pour quel impact ?


                                                                                                                 

20% d’impact environnemental en moins

 

Selon une étude menée par le cabinet de conseil indépendant Carbone 4, « l’impact des gestes individuels est loin d’être négligeable. À condition, bien sûr, de ne pas se cantonner à quelques actions symboliques et marginales, souligne le rapport de l’étude. Parmi les actions individuelles à plus fort impact, le passage d’un régime carné à un régime végétarien, voire végétalien, est significatif ». 
 

D’après leurs calculs, un individu qui s'engage dans un changement de comportements écologique dit “réaliste” peut réduire de 10 % son impact environnemental. C’est-à-dire en achetant d’occasion et reconditionné, en consommant local, en effectuant ses courts trajets en vélo, en pratiquant le covoiturage, en réduisant ses trajets en avion, en adoptant un régime alimentaire flexitarien… Si, en plus, les individus investissent dans la rénovation thermique de leur logement ou le changement de leur chaudière, la réduction de leur impact pourrait atteindre 20 %. Par ailleurs, Julie Bernier souligne un second effet à ces changements d'habitude : « ce mode de vie aligné à ses valeurs apporte beaucoup de bonheur ». 


                                                                                                                                                                 

Action collective


Si cet engagement des citoyens est nécessaire, il est néanmoins insuffisant. Puisque « nous sommes limités par le “système”, c’est-à-dire l’environnement social et technique dont nous avons hérité, bâti sur la promesse d’une énergie fossile bon marché et illimitée », peut-on lire dans le rapport de Carbone 4. Comment modifier son mode de déplacement entre son domicile et son travail si l’offre de transports en commun est inexistante ou faible et si l’alternative du vélo est inenvisageable devant la distance à parcourir ? 
 

Le cabinet de conseil souligne que 75% des efforts à fournir pour baisser les émissions de gaz à effet de serre relèvent de l’action collective (industries, agriculture…). « 100 entreprises sont responsables de 70% des émissions de GES », rappelle Julie Bernier en s’appuyant sur les chiffres du rapport de l’ONG Carbon Disclosure Project (CDP) de 2017 (rapport en anglais). Pour cela, notre « système doit se réformer, rappelle Carbone 4. La responsabilité qui incombe aux pouvoirs publics et aux entreprises pour réduire l’empreinte carbone personnelle des Français est majeure ».